La Mairie

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Toponymie Les XI et XIIe siècles
La commanderie d'Ordiarp Les hôpitaux du Moyen Age
L'église St Michel d'Ordiarp Bibliographie / Webographie

Toponymie

URDINARBE / ORDIARP:

Pour Victor Dubarrat (XIXe): Ordiarp derive de Urdia=cochon et Harpea=grotte.
Il précise que le chêne abonde et fournis sa subsistance à cet animal.
Il est aussi vrai que les grottes abondent dans les Arbailles qu'elles ont longtemps servi pour abriter les hommes,les bêtes et les récoltes.
Un peu plus tard en 1899 Pierre Haristoy dans Les paroisses du Pays Basque pendant la Révolution décompose le nom d'Ordiarp en ur-urdeia = eau (en grande quantité) et harpea = grotte.
Il y a effectivement une grotte au quartier Garraibie d'où jaillit l'Arangorena avant de traverser le village.Elle est mentionnée par les deux auteurs mais ils y situent la source de la Bidouze qui se trouve en fait sur l'autre versant du côté de St Just Ibarre.
Plus proche de nous Jean Baptiste Orpustan en 1990,propose d'autres possiblités:
Harpe littéralement "sous le rocher" peut s'entendre grotte et urdin serait à prendre dans le sens de "bleu" donc "grotte bleu".
Il ajoute que urdi pourrait être aussi bien plateau ce qui donnerait alors "la grotte du plateau".
Enfin,la plus probable selon lui décomposer le nom en "urd-ainhar-pe" qui veut dire "plateau au pied des bruyères".
Ainharpe "au pieds des bruyères" est le nom du village voisin qui est séparé d'Ordiarp par le quartier Lambarre,et la lande ou pousse la bruyère.

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe ullumendi camp fortifié

 

LAMBARRE:

Contraction de landabarre "lande de l'intérieur". Dubarat site Lambarre "avec ses bruyères".

Photo: Troupeau de vaches dans la lande de Lambarre.Le"cercle" qui les entoure est un vestige d'enceinte à parapet de terre.La colline porte le nom de Ullumendi,et "l'édifice" porte le nom de Gastelusarre.On ne sait pas trop à quoi il a servi ni par qui il a été édifié.
Ce qui est sur c'est qu'ils étaient bien organisés, et que ces camps fortifés ont été occupés depuis l'âge de fer au moins et jusqu'aux guerres napoléonienne pour certains.Ils peuvent très bien avoir été de veritable lieu défensifs ancètre du château d'Ahetzia qu'il surplombe ou des habitats temporaires pour les bergers.

 

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe château d'Ahetzia

 

 

AHETZIA, AHETXIRI :

Ahetze est le nom du domaine noble (iri) qui a donné le nom au quartier.Ce nom dérive de aitz "roche,pierre".Le nom correspondant en gascon est Peyriède.Peyre veut dire pierre en gascon. Photo : Le château d'Ahetzia

 

LARHUNZUN:

Aussi connu comme nom de maison dans ce quartier.
larrantz = arrantz = épineux,prunelier.un = lieu où abonde.Le nom signifie "lieux des épineux".Il n'est pas exclu qu'il dérive de larre "lande".

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe gué bourg

 

 

GARRAYBIE:

On retrouve ici la racine pré-indo-européenne "garra" associée à ibi-a "le gué du rocher".
Ordiarp n'étant que la commanderie le quartier Garraybie s'étendait autrefois de l'actuel centre jusqu'aux bains de Garraybie.On peut encore traverser l'Arangorena par deux gués sur la place et le bourg compte deux ponts romains.

 

 



ARANGORENA:


Selon Orpustan ce nom, qui est celui du cours d'eau jaillissant d'une grotte et qui traverse Ordiarp,signifie "la limite de la vallée".Ce ruisseau en périodes sèches; devient les jours de fortes pluies un torrent de montagne dont le niveau monte et descend très vite.

MIRANDA:

Ce nom d'origine romane est très fréquent de la Garonne à l'Ebre pour désigner surtout des maisons nobles et exprime la position dominante et se rapporte à la pierre.Ce quartier s'apellait aussi peyriède juson.

La commanderie d'Ordiarp

Il s’agissait en fait d’un hôpital destiné à accueillir les pauvres et les voyageurs. C’était un lieu très disputé car il rapportait beaucoup d’argent. Plusieurs paroisses annexes y payaient la dîme comme Idaux, Mendy, la chapellenie d’Aussurucq, Garindein, Musculdy, Viodos et Libarrenx.

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe ospitalettuaA sa tête, il y avait le commandeur qui était d’ordinaire un chanoine de Roncevaux, il présidait les Etats de Soule en tant que juge à la Cour de Licharre et avait à Ordiarp un siège très distingué dans la paroisse pour y entendre les offices que le vicaire perpétuel y devait célébrer. Il ne pouvait d’ailleurs exercer aucune des fonctions curiales.   Selon les documents cadastraux, l’hôpital d’Ordiarp était situé derrière l’école, sur la route de Garaïbie. Un peu plus loin, se trouvait le moulin de l’hôpital, aujourd’hui résidence secondaire privée.   Il y avait aussi le curé principal (appelé aussi « vicaire perpétuel ou recteur »), le sacristain et les clercs. Le curé principal était celui de Musculdy jusqu’en 1739 et les vieux actes lui donnent le titre de « recteur de Peyriède ».
 Quant au commandeur, il n’était pas très souvent sur place et,   parfois pas très honnête non plus : en 1590, Arnaud de Maytie, est nommé commandeur d’Ordiarp jusqu’à sa mort en 1622 et, après une enquête faite en 1623 par la chancellerie de Navarre, il est dit qu’ « il ne s’y fait aucune distribution aux pèlerins. C’est par une « indue et abusive conversion des fruits et des revenus » que l’évêque d’Oloron disposait de la commanderie d’Ordiarp ». (Arch. Dep. Pyr Atl. G229).
Photo prise depuis la vielle route de Garaibie. A gauche l'école , au centre la maison dite Ospitalettua,entre les deux la route de Garaibie,à droite le moulin de la commanderie.


Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe notre dame de ronceveaux

Depuis 1189, les Augustins de l’Abbaye de Roncevaux avaient établi à Ordiarp une commanderie ; il s’agissait en fait d’un hôpital bâti au Moyen – Age pour abriter les pèlerins ou les voyageurs . Les hôpitaux étaient destinés au soin des malades, et aussi des hôtelleries, des étapes…C’est le sens « d’hospitalité » dont on parle alors et ils étaient très nombreux dans la région (beaucoup de villages ont gardé le nom tels que Hôpital St Blaise, Hôpital d’Orion…).
On ne connaît pas le moment de la fondation de la Commanderie d’Ordiarp. Selon les historiens, ses origines sont dues à la charité chrétienne d’un noble seigneur de Soule. Il s’agirait du seigneur potestat de la maison de Geintein nommé Lou de Janute qui aurait donné (ou bien un de ses successeurs) une partie de ses domaines + les dîmes qu’il possédait tant dans son village d’Ordiarp que de Musculdy.
Le premier document qui mentionne Ordiarp date de 1189 et fait référence à l’église St Michel et à sa communauté de clercs. Le deuxième document date de 1270 et évoque l’hôpital. Aussi, cette maison hospitalière a dû être construite entre 1189 et 1270.
Les dépenses de la Commanderie sont variées : elle doit payer chaque année 40 F pour l’entretien du bâtiment de l’église St Michel d’Urdiarbe par décision du Parlement de Bordeaux, et 21 F à l’évêque d’Oloron pour « l’arciot ». Le commandeur doit aussi donner au recteur (curé principal) 30 robos de blé + 14 robos de millet + 21 conques de  pommes et 3 F en argent. Il doit aussi inviter à manger trois fois dans l’année, le recteur, le sacristain et d’autres clercs.

Photo : La Chapelle des pélerins Orreaga / Roncevaux.
A sa droite se trouve la chapelle de Charlemagne et un peu plus haut sur le chemin la Collégiale et le monastère.

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe moulin de la commanderieC’est à partir du XVIème siècle, à cause des guerres entre la France et l’Espagne, que Roncevaux a eu des difficultés pour recevoir les revenus de ses propriétés en France. Certaines commanderies étaient souvent séquestrées   par les clercs ou par les laïques, parfois avec l’aide de quelques évêques. En 1603, la Commanderie d’Ordiarp était séquestrée par Arnaud de Maytie, évêque d’Oloron depuis 1617. En 1683, elle est séquestrée par le chanoine Bonecac au nom de l’évêque d’Oloron. De plus, il y avait le désir de dépouiller Roncevaux de ses biens en France sous prétexte « qu’ils étaient étrangers et donc ne pouvaient pas obtenir de bénéfices ecclésiastiques en France ».
Pourtant, Henri IV avait assuré qu’étant donné sa position de roi de France et de Navarre, pour lui tous les navarrais et notamment les chanoines de Roncevaux, n’étaient pas des étrangers et qu’ils pouvaient obtenir des bénéfices ecclésiastiques.
C’est à cause de toutes ces difficultés que de nombreux procès eurent lieu entre les Parlements de Bordeaux, Toulouse, St Palais ou Paris…
D’ailleurs, en 1558, les chanoines de Roncevaux avaient pensé faire un échange avec l’évêque et le chapitre de Bayonne ou bien avec St Sernin à Toulouse entre les biens que ces derniers possédaient en Espagne et ceux que Roncevaux avait en France. Or, les chanoines français n’ayant aucune difficulté pour percevoir leurs revenus en Espagne, ils ne furent pas intéressés par cet échange jusqu’au début du XVIIIème siècle.
Photo : Le moulin de la commanderie,à la sortie du bourg sur la route de Garraibie.Cette route est la nouvelle route,la vielle route passe sur l'autre rive de l'Arangorena,quelle traverse par le pont romain à deux arches qui porte la coquille sur un de ces murets.Cette vieille route passe au dessus des terres basses à l'abris des innondations et rejoint la nouvelle route un peu plus loin.De nos jours le cour de l'Arangorena est aménagé mais les innondations sont encore fréquentes au printemps et à l'automne contraignant les automobilistes à utiliser la vieille route.

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe voie du piémont gr 78

En 1635, Philippe IV roi d’Espagne, autorise Roncevaux à séquestrer les biens que Bayonne avait en Navarre pour compenser ceux séquestrés en France. De son côté, Louis XIV fait de même avec les clercs français, et c’est à partir de ce moment là que Bayonne et Roncevaux commencent à négocier.
Après plusieurs réunions ratées,   c’est finalement le 11 novembre 1712 au Palais Episcopal de Bayonne que Roncevaux et Bayonne ont effectué l’échange. Le traité d’échange fut ratifié par les rois de France et d’Espagne le 23 décembre 1712. Il fut confirmé par le Pape Clément XI et exécuté par bulle (décret du pape scellé de plomb) le 28 novembre 1719 par l’évêque de Pampelune. Roncevaux donna à Bayonne 11000 écus de plus – value car la valeur des biens espagnols était plus grande que celle des biens français.
De ce fait, en 1715 l’hôpital d’Ordiarp a été transféré à Mauléon, à l’Hôpital Général, appelé aujourd’hui Hôpital St Louis.

 

Les Hôpitaux du Moyen Age

La maladie et l'infirmité sont encore traitées dans certains peuples par l'intervention d'un chamane capable de soigner par les plantes et par sa magie.La maladie a donc très tôt un lien étroit avec la spiritualité,et ce jusqu'aux grandes découvertes de la médecine qui ne sont finalement pas si anciennes que cela.
L'Europe n'échappe pas à ce constat et longtemps le faible,le malade,l'infirme étaient pris en charge par sa famille et à défaut par la communauté.
Le voyageur étrangers (peregrinus) pour peu que ses intentions soient pacifiques est aussi volontier bien accueilli,il est le véhicule de nouvelles,de savoirs.Il peut aussi être un messager efficace.
Ces formes de solidarités sont certainement très anciennes.
Dès le début de l'ére chrétienne elles vont se mêler de charité et s'organiser progressivement.
Il sera question ici des Hôpitaux accueillant pauvres,malades,et voyageurs mais pas des maladreries ou léproseries dédiées aux soins d'infections particulères comme la lèpre ou le feu de St Antoine (ergotisme).

Historique


1er siècle :


Zenaida et sa soeur Philonella créent un monastère de femmes doté d'un hôpital à Tarse (actuelle Turquie).
Elles ont une vision plus "scientifique" de la "médecine" qui s'oppose à celle qui a cours à l'époque et qui est mélée de superstition et de magie.
Elles exploitent des sources thermales et vivent dans une grotte.

3eme siècle:

Lorenzo archidiacre romain aurait été le premier chrétien à avoir fondé un "pauperae gymnasia" pour accueillir les pauvres,les malades ou impotents; tous frappés "d'infirmitas" :état de faiblesse physique,sociale ou morale.Les personnes atteintes de cet état sont:
- "decrepitus" ou vieillards
- "infirmus"
- "debilis" ou "imbecilae"
- "aegrotus" ou malades
- "transeuntes" ou faibles
- "peregrinus" ou voyageurs, étrangers; ces derniers qui se trouvent loin de leurs foyers et familles sont considérés de ce fait en état de faiblesse.
En ce temps les chrétiens sont encore pérsécutés et Lorenzo meurt sous la persécution de Valerien.

4eme siècle:

L'empereur Constatin fait construire un hôpital pour les pélerins en terre Sainte.

6eme siècle:

Justinien rénove en profondeur l'organisation des hôpitaux vers 530.Du Cange énumère plus de 35 hôpitaux dans la seule ville de Constantinople.

A la même époque Fabiola riche romaine crée un nosocomium pour accueillir les malades.Au même moment le pape commence à faire construire des hôpitaux à Rome.

8eme siècle:

"Portez secours aux malades et toute récompense viendra de Dieu " épître de Jacques versets 14-15.
On voit bien dans ce verset que le secours aux malades n'a rien d'humaniste.Il est un moyen de sauver son âme un acte de piété.On pratique l'hospitalité et la charité de manière individuelle.L'étrangers loin de chez lui,le pauvre et le malade sont considéres comme des incarnations du Christ,et doivent être reçus et aidés comme tels.
A des degrés différents variant selon leurs revenus tous les fidèles participaient à cette forme de solidarité.Les religieux évidemments participent et encouragent ces pratiques.
Dans le haut moyen age chaque évèque tient sa matricula qui repertorie les pauvres que l'évêché entretien,mais elle ne pouvait soulager toutes les misères et va limiter l'accès à ces faveurs qu'à un nombre déterminé de pauvres qu'elle héberge et entretien.Ils sont recrutés parmi les orphelins,veuves,pauvres,malades,infirmes.Au fil du temps ces matriculaires seront le plus souvent des gens capables de travailler pour l'église comme administrateurs de parroisse.Ces marguilliers sont des rentiers travaillant pour l'église.Pour autant la pauvreté galopante n'était pas stoppée il fallu donc ouvrir les établissement aux miséreux qui ne pouvaient y résider.

Les moines de l'Abbaye du Corbie près d'Amiens établissent à la porte de leur monastère,une maison pour accueillir les hôtes étrangers ,les pauvres,malades et infirmes.Ce lieux d'accueil sera appellé Hôpital de la Porte ou Portaria.Ce derniers terme deviendra courant au moyen âge pour désigner de tels lieux d'accueil un autre terme utilisé est xenodochium (de xeno étrangers en grec) un autre encore est hospitalia (littéralement la chambre pour les hôtes).Ces termes se cottoient puis c'est le nom hôpital qui se généralisera au IXe siècle.

L'hôpital de la porte est confié à deux moines de l'abbaye auquels on attribue 5 domestiques.
Chaque moine est spécialisé dans l'accueil d'un type d'hôtes.
L'un à en charge l'accueil des étrangers sains et malades et porte le titre de hospitalicus sa fonction pourrait être rapprochée de celle d'un hôtelier.
L'autre se charge des soins des pauvres et malades résidents dans l'hôpital et de ceux du pays qui ne peuvent y résider à cause du manque de place.Il porte le titre de eleemosynaria ou aumônier.
Le reste du "personnel" est composé de 5 serviteurs:
Un pour servir les hôtes
Un portier
Deux pour aller chercher le bois à dos d'âne
Un pour le soin de deux fours à pain

Afin d'allouer des revenus à cet hôpital les ressources du monastère sont partagés par tiers:
-Un pour l'entretien et la nourriture des moines
-Un pour l'entretiens de l'église
-Un pour les hôtes,malades et pauvres.
Une autres sources de revenu est constituées des dons et aumômes et d'allocations du monastère (ustensiles,matériel,nourriture).

A noter que les moines malades ne sont pas accueillis dans cet hôpital mais dans l' infirmerie du monastère.

9eme siècle:Epoque Carolingienne

Charlemagne demande à chaque monastère de disposer d'un hôpital.Son fils Louis Le Pieux réitère ces instructions au concile d'Aix la Chapelle en 816.Ces directives impériales sont diversement suivies et interprétées.

10eme siècle:

Fondation du monastère bénédictin de Cluny (actuelle Saône et loire) qui instaure une organisation hospitalière de grande envergure.Chaque monastère clunisien possèdera un hôpital ou aumonerie.
Cette organisation hospitalière sera pour plusieurs siècles un modèle qui se répendra dans le reste de l'Occident Chrétien.

Les soins

Les hôpitaux du Moyen âge sont plus des mourroirs que des lieux de soins.Pendant les dix siècles que dure le Moyen Age la médecine ne fera que de très discrets progrès et la maladie est croit on le résultat du pêché, une punition divine.De plus la chirurgie très critiquée par l'église n'est qu'un derniers recours et entraîne le plus souvent des infections et la mort du patient.

L'alimentation:

Les soins du Moyen âge où la malnutrition et la famine sont récurrentes, commencent par le régime alimentaire.
Ce régime est très carné car la viande dit on donne de la force.
La soupe plat unique du peuple est enrichie de lait ou d'huile.
La bière et les friandises ont aussi une action bienfaitrice sur les malades.

Les médicaments:

Ils sont élaborés par l'apothicaire à base d'éléments végétaux cultivés dans le jardin de plantes médicinales du monastère,d'élément animaux comme la graisse et de minéraux.
A partir de ces ingrédients on fabrique des onguents (paumades) des amplâtres, des décoctions,des sirops.
Ces préparations comportent le plus souvent une multitude d'ingrédients censés guerrir tous les maux.
On recherche particulièrement des préparations cicatrisantes car les amputation sont très fréquentes à cette époque.

Actes thérapeutiques:

Purgation:

Par voie orale elle consiste a faire vomir le patient pour néttoyer l'intérieur de son corps.
Les lavements sont pratiqués à l'aide d'une seringues servant à injecter du liquide dans le corps du patient par un orifice (le plus souvent l'anus) pour évacuer les mauvaises humeurs.

La saignée:

Elle consiste en un prélèvement de sang qui en trop grande quantité provoque des maladies.
Elle se pratique de deux façons:la section d'une veine ou la sucion par des sangsues.
On la pratique le plus souvent sur les mains,le bras,les protubérances osseuses,la gorge et sous la langue.
Certains patients y sont soumis plusieurs fois par jour parfois jusqu'à l'inconscience.
On pense à cette époque que le corp contient 12 litres de sang.On sait aujourd'hui et ce depuis le 17eme siècle qu'il n'en contient qu'environs 5.Les conséquence de telles saignées pouvait donc s'avérer être pire encore que le mal prétenduement traité.

Uroscopie

Il s'agit "d'analyser" les urines du malades.On observe la couleurs,l'opacité et même le goût qui selon les médecins de l'époque peut être plus ou moins sucré selon les individus.

Soins spirituels:

Nous l'avons vu au Moyen âge la maladie est conséquence du péché du malades.Les soins et actes thérapeutiques sités plus haut s'avèrent le plus souvent incapable de guérir les malades.La seule issue avant une mort certaine est de se repentir et d'expier ces fautes qui tourmentent l'âme et le corps.
Nombre de malades se font aussi pélerins pour aller demander leur guérison à un saint.

Les textes n'étant pas très locace au sujet des soins apportés aux pauvres dans les hôpitaux la description ci avant est celle des soins apportés aux moine dans l'infirmerie d'un monastère.On peut penser que les soins apportés aux pauvres devait être approximativement les mêmes mais les pélerins ont un statut un peu différent.

Soins particuliers aux pélerins

Au Moyen Age ils sont sous la protection des souverains,qui n'hésitent pas à légiférer sur la qualité et la quantité que doit recevoir chaque marcheur de Dieu.Le vin tient aussi une place importante tout au long du chemin,presque un médicament à lui tout seul quand on en abuse pas évidemment.
Malades ou bien portant les pèlerins ont en commun leur problèmes de pieds et dans les hôpitaux et monastère le lavement des pieds a l'entrée est une attention particulière portée aux pélerins.On cultive même les roses dans les jardins pour en ajouter les pétales à l'eau du bain.
Mais tous les hôpitaux ne sont pas riches et les pélerins doivent souvent se contenter de l'ordinaire des pauvres du lieux :du pain,du vin,une soupe avec en plus une seule couche usée pour plusieurs pèlerins.Les auberges sont de toute façon chères et malfamées,les vols et spoliations y sont courants.L'hôpital au moins assure une certaine sécurité sur des routes ou chacun lutte au quotidien pour survivre ce qui semble être la réalité du pèlerinage au Moyen Age.

Le réseau hospitalier du Moyen Age :

Issu de la solidarité chrétienne et très largement partagé et encouragé par les clercs et les seigneurs, soucieux de l'ordre public et de la protection des cités, n'a donc probablement pas été mis en place spécialement pour les pélerins de St Jacques. Il se devait d'accueillir les voyageurs ("peregrinus" en latin), les pauvres et les malades.
Les troubles causés par les guerres,les épidemies ou les famines, régulières au Moyen Age jettaient un flot de pauvre sur les routes (aujourd'hui on dirait réfugiés),il y avait aussi les vagabonds oisifs ou pas et ceux qui profitaient de l'hospitalité et de la charité et surtout les pauvres du pays.
La soldatesque empruntait ces mêmes routes pour se rendre au combat on parlait alors de voie Sarasines qui mènent vers les champs de batailles contre les Musulmans.Les marchands qui échangeaient avec la peninsule ibérique des drap,du vin,du sel,du bétail .Des nobles et religieux ou leurs représentants qui voyagent pour ce rendre dans leurs domaines au sud ou au nord des Pyrénnées ou en mission auprés des souverains hispaniques.Et bien sûr il y avait des pélerins dont certains se rendaient à Compostelle.
Ces voyageurs se retrouvaient dans les hôpitaux où ils étaient hébergés, nourris et soignés avant de poursuivre leur route.

C'est au Moyen Age que l'Hôpital d'Ordiarp fût le plus fréquenté; aux XVIe siècle un témoins de passage dit qu'Ordiarp se retrouve isolé loin des grandes routes allant vers le sud et au XVIII siècle Louis XIV fait transférer l'Hôpital d'Ordiarp à Mauléon. Le dynamisme du réseau routier (ponts,accueil) à l'ouest dans l'arrière pays bayonnais et navarrais,l'essouflement des pélerinages locaux ont détourné les voyageurs de l'axe routier Oloron - St Jean Pied de Port par le piemont vers la plaine Béarnaise et la Basse Navarre.Le transport maritime utilisé depuis longtemps pour rallier les côtes espagnoles au départ de Bayonne ou Bordeaux,mais aussi des îles Britanniques connait des progrès et devient un moyen de transport plus sûr et rapide réduisant le traffic terrestre.
Aujourd'hui il ne reste de la commanderie d'Ordiarp que l'église St Michel, le moulin derrière l'école et le bâtiment longeant la route de Garaibie qui porte encore le nom de Ospitalettua équivalent basque de Hospitalet en langue d'Oc ou Petit Hôpital en français.

Les XI, XII et XIIIe siècles

La première mention de l'église St Michel D'Ordiarp date de 1189 et l'Hôpital a dû être fondé avant 1270 année où il est mentioné.C'est aussi à peu près dans cette période que sera édifié l'Hôpital de Misécorde(actuel Hôpital St Blaise) qui se situe sur le même axe routier qu'Ordiarp à une distance correspondant à une journée de voyage.Cet axe permet de relier Oloron à St Jean Pied de port puis de gagner Ronceveaux un des principaux points de passage vers la péninsule ibérique.
Les XI et XII siècle sont en Soule et ailleurs une période de developpement qui verra sortir de terre la plus part des monuments roman que nous connaissons aujourd'hui.C'est également la période de construction du château de Mauléon par le roi d'Aragon avec sa bastide l'actuelle Haute Ville.Tardets également est une bastide crée à cette époque.Toutes ces bastides seront doté de coutumes spécifiques qui leurs permettront d'établir des marchés,l'artisanat se développe.
Malgré l'occupation anglaise la Soule garde ses institutions à savoir son assemblée de Vallée ou Silviet,qui gère principalement les terres communes et les accords avec les vallées voisines qui en découlent,vote le montant forfaitaire de l'impôt dû au roi.Les souletins ont le droit de porter les armes autre privilège qui découle celui là de la situation tendue dans une région qui se retrouve au croisement de tout.Les royaumes de France et d'Angleterre qui ont chacun leurs supporter respéctifs prêts à en découdre comme les Béarnais qui veulent s'emparer de la soule pour le Rois de France et les Navarrais qui eux voudrait conserver leur influence en Soule.

Relations entre les deux versant des Pyrénnées:

Il est incontestable qu'il existe une homogeneite ethnique et culturelle entre les deux versants des Pyrénnes Occidentales.Depuis des temps reculés les relations et échanges entre ces deux versants sont intenses et leurs economies complémentaires. Il est à noter aussi que la Navarre,l'Aragon-béarn sont au Moyen Age des Royaumes transpyrénnéns.Nombre d'Ordres religieux le sont aussi et reunissent des Béarnais,des Navarrais,des Aragonnais.Ces ordres ont des possessions de part et d'autres de la chaîne,comme par exemple Ronceveaux qui possède une commanderie à Ordiarp ou Ste Christine du Somport qui fondera l'Hôpital St Blaise.La chaîne pyrénnéene n'est donc pas une barrière hermétique et la nécessité de voie de communication entre la peninsule et le reste de l'Europe va conditionner l'ouverture d'axes routiers qu'emprunteront les marchandises et les hommes dont les pélerins.
Vu le nombre de passages à gué et de ponts rien que sur la place, Ordiarp semble être un lieu de passage important vers les pâturages des Arbailles,de plus ces mêmes Arbailles pendant la Deuxième Guerre Mondiale servaient encore de refuge.
Ordiarp dépendait de Roncevaux qui possédait d'autres commanderie au nord des Pyrénées comme à St jean le Vieux l'Hôpital d'Arsorritz,ou à Bidarray.Ces dépendances devaient être reliées entre elles,et les produits devaient être acheminés jusqu'à Roncevaux qui pratiquait au Moyen Age une hospitalité réputée généreuse.Un traffic intense de charettes,troupeaux pouvait très bien emprunter des voies segondaires à l'écart des grandes voies pélerines,sans exclure des voies de "délestage" pour les périodes de grand afflux,voire une compétition entre les différents tenant des port pyrénéens toujours prompts a oeuvrer pour la réputation de leurs monastères et lui attirer les dons de pèlerins satisfaits de l'accueil qu'il soient riches ou pauvres.

La Reconquista ou Reconquête :

En 711 les musulmans entrent dans la peninsule ibérique par le détroit de Gibraltar.Ils vont connaître une ascensions fulgurante qui les mènera jusqu'au sud de la France.Ils seront ensuite contenus dans une zone allant de l'èbre jusqu'à l'Andalousie.L'Espagne se retrouve alors pour une longue période coupée entre deux civilisations.Les Royaumes Chrétiens du Nord (Aragon,Castille,Navarre) se sentant menacés s'unissent pour libérer le reste de la péninsule.On apelle ce mouvement la Reconquista ou Reconquête.Le XI siècle marque l'éffondrement du califat Omeyyade de Cordoue moment d'intensification de la Reconquête.Les royaumes chrétiens du versant sud des Pyrénnées cherchent alors le soutient des seigneurs du nord avec qui ils ont déjà des relations proches.Aquitains,Bearnais et français vont se jetter dans la bataille contre les musulmans.
Pour celà ils ont besoins de voie de communications praticables toute l'année pour faire transiter hommes,armes et marchandises.La conquête de la péninsule nécessite aussi de repeupler avec des chrétiens les terres reprises aux musulmans et le traffic s'intensifie sur les routes qui mènent vers l'Espagne.La foule qui emprunte ces routes sera assimilée à des pèlerins en route vers Compostelle.Il est vrai que la croisade s'aparente à un pèlerinage puisque la motivation du voyage est religieuse et que la guerre sainte est un moyen de rédemption pour les chrétiens du Moyen Age.Mais pas seulement.Les seigneurs venus du nord des Pyrénnées se voient récompensés de leur participation à la Reconquista par l'octroi de revenus et de domaines dans les territoires fraîchements conquis aux musulmans.
Mais le Moyen Orient et en particulier Jérusalem sont aussi aux mains des Musulmans.La bàs aussi la croisade est nécessaire pour liberer le St Sépulcre.Il faut donc détourner les croisés vers l'Espagne avant d'ouvrir une voie vers Jérusalem.La Castille s'appuie sur St Jacques et Compostelle dans le but d'attirer les Chevaliers à ses côtés contre les musulmans.

L'importance des pélerinages au Moyen Age:

Les Chrétiens du Moyen Age croient beaucoup en la rédemption par la pratique des pélerinages.Il existait beaucoup de pélerinages à caractère local.Victor Dubarat dit "Notre Dame de Geintaina,lieu de pèlerinage où les malades allaient prier et se laver.Encore aujourd'hui on attache à cette eau une vertu curative pour les maladies des yeux.C'est une tradition qui s'est perpétrée d'âge en âge;mais le sens religieux en était perdu au XIXe siècle.
Malgré ce qu'en disait le chanoine de Compostelle il y a de nombreuses reliques de St Jacques en France.Les français pouvaient aller faire leurs prières à St Jacques sans entreprendre le si long,coûteux et dangeureux voyage en Galice.Toulouse par exemple où se trouvent dans la basiliques St Sernin de nombreuses reliques de Saints dont un corp de St Jacques attirait de nombreux pélerins. Les pélerins accueilis en masse dans les hôpitaux étaient des pélerins locaux auquels se mêlaient une minorité de personnes se rendant à Compostelle,mais c'est surtout leur présence qu'on a recherché par la suite, et ils ont fini par occulter les autres. D'ailleurs de nos jours le mot pélerin designe presque exclusivement les marcheurs se rendant à Compostelle.

L'église St Michel d'Ordiarp:

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe église st michelLe clocher de l’église est atypique et très différent du style que l’on trouve en Soule : ici on a un clocher-mur surmonté d’un clocheton carré entouré de quatre petites tours ; la petite horloge a été posée plus tard.
Etait-ce la volonté du prêtre de l’époque de monter un pareil clocher ou bien les paroissiens qui voulaient mettre en valeur leur village ?

L’église a conservé une architecture romane au niveau du fond seulement. En effet, en 1570, elle a été incendiée et reconstruite. On voit très bien la différence d’assemblage des pierres à l’intérieur et à l’extérieur : vers l’entrée, les pierres sont mieux découpées et montées. De plus, à l’extérieur, au niveau du chevet, on voit bien la couleur marron – clair des pierres, suite à l’incendie.
Les fenêtres également sont différentes : au niveau du chœur, elles sont très étroites et font penser à des meurtrières, tandis que, de l’autre côté, on a de grandes ouvertures qui laissent bien entrer la lumière.

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe église st michel

 

 

Ce qui est caractéristique de l’architecture romane, c’est surtout l’abside en cul-de-four et les deux absidioles voûtées de chaque côté. Au niveau des colonnes, les chapiteaux ont été endommagés mais en les examinant bien on remarque quelques figures géométriques et même une tête. Le retable est en bois sculpté et peint en doré. Il date du XVIIIème siècle et est classé.Comme la plupart des églises romanes, celle – ci n’est pas très imposante de part sa taille ; c’est un édifice sobre, à la construction soignée. La statue en bois noir de St Michel téerrassant le dragon a été volée il y a plusieurs décénnies.

 

 

 

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe église st michel

 

 

Au Pays – Basque, vers la fin du XVIIème – début XVIIIème la population a tellement augmenté, que l’on a construit des tribunes. Les hommes sont alors montés et les femmes sont restées en bas. En effet, les femmes sont « gardiennes » des rites funéraires c’est - à – dire que se sont elles qui s’occupent des morts. Et autrefois on enterrait les défunts à l’intérieur de l’église, puis ensuite sous le porche (c’était surtout les personnes importantes du village).

 

 

 

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe église st michel

 

 

 

On remarque les caractéristiques de l’entrée de l’Eglise, la porte avec le haut en triangle comme dans l’entrée d’un temple ce qui caractérise les lieux sacrés. Le retable date du 18 ème siècle avant il servait d’hôtel pour la procession de la messe dominicale. Le symbole du Christ en gloire dans le bas est également d’origine, on note aussi la rosace sur le plancher du bas du retable symbole solaire de l’Ascension du christ.

 

 

 

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe église st michel

 

 



Le porche date du début du 17 ème siècle, il s’agissait d’un lieu de réunion entre les notables du village pour prendre des décisions importantes (maire, prêtre, notables…).

 

 

 

 

Bibliographie / Webographie

Mairie d'Ordiarp Urdiñarbe

Plan de site

Site de la Mairie d'Ordiarp-Urdiñarbe village de Soule en Pays Basque dans les Pyrénées Atlantiques(64).
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05 59 28 07 63
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